La Revue Française de Psychanalyse

Les colloques de la Rfp

Chaque début d’année, la Revue française de psychanalyse organise son colloque. Il est conçu en lien avec les réflexions et contributions de son premier numéro qui paraît au mois de mars. Un enregistrement audio est en vente sur le site de congrès minute. Ce colloque se veut un moment d’échanges autour de la psychanalyse contemporaine avec des psychanalystes mais aussi des personnalités d’autres disciplines. Il est ouvert à tous les publics.

 

C o l l o q u e   2 0 1 8   –   E n   s é a n c e   !

⇒ Le colloque aura lieu le 3 février 2018 à Paris. Plus de précisions à venir bientôt !

 

C  o l l o q u e   2 0 1 7   –  R i r e 

Le rire est un mouvement spontané du corps, un court-circuit psychosomatique sonore, une décharge de tension, entre plaisir et déplaisir. Compris le plus souvent comme l’effet d’un manque de refoulement, un défaut du préconscient, le rire est aussi impliqué dans des productions hautement secondarisées comme en témoigne l’humour. Freud a tout d’abord souligné son caractère de décharge, trouvant l’équivalent dans une levée de refoulement dont il est parfois l’indice. Dans son texte sur l’humour, il distingue un rire témoignant d’un accomplissement du désir d’un rire lié au triomphe du narcissisme. Enfin, dans ses derniers écrits, le rire apparaît comme une issue pour un excès d’excitation en manque de représentation ouvrant la voie vers une clinique des défauts de mentalisation. Cette métapsychologie du rire trouve toute sa pertinence en séance. A quel moment le rire apparaît-il ? Est-il la marque d’une étape dans le processus de la cure ? Et qu’en est-il du maniement du rire par l’analyste ? Permet-il de créer un climat de confiance ou de séduction ? Le rire partagé n’est-il pas une voie d’entrée dans une communauté de déni ? Inoffensif et bon enfant, le rire peut être acerbe et subversif. La tradition des caricatures dans les journaux en témoigne. Comme en témoigne aussi l’attaque terroriste de janvier 2015 contre Charlie Hebdo dont ce colloque, qui tente d’étudier les différentes faces du rire, se veut aussi l’écho.

 

C o l l o q u e   2 0 1 6    –  P o u r q u o i   l a   g u e r r e  ?

Cette question est le titre choisi en 1933 par Freud pour répondre à l’invitation d’Albert Einstein de contribuer à la démarche initiée par la SDN dans l’espoir de préserver la paix face à la menace d’un nouveau conflit mondial. Comme il le fait en 1915 dans les Actuelles sur la guerre et la mort, Freud tente de saisir les mécanismes individuels et groupaux à l’œuvre, et de comprendre comment les motions pulsionnelles, « en soi ni bonnes ni mauvaises », peuvent à la fois nous permettre d’en savoir plus sur les forces de destruction humaines et sur les voies possibles pour combattre la guerre. À l’heure où nous sommes, son appel à une « dictature de la raison » reste pourtant un vœu bien incertain et la paix un horizon lointain. Face à toutes ces guerres si profondément assimilées que nous ne pouvons presque plus les isoler ou les différencier – guerre entre les états, guerres civiles, guerre entre les sexes, au sein des couples ou entre les penseurs et les pensées – le pouvoir de liaison d’Éros apparaît comme bien fragile et souvent inséparable de la force de destruction. Sans donner de réponse globale, la psychanalyse ne peut-elle continuer d’apporter sa contribution au débat par sa réflexion et son action thérapeutique ? Dans un esprit de dialogue avec d’autres disciplines, ce colloque a pour volonté de défier la guerre, dans un sens élargi ou métaphorique.

 

C o l l o q u e   2 0 1 5   –   L e   m e n s o n g e 

Le mensonge n’est pas un concept psychanalytique. Mais Freud en a, dès 1895, avec le « proton pseudos hystérique », repéré tout l’intérêt, qui signe l’existence de la réalité psychique. Chez l’enfant comme chez l’analysant, l’apparition de la tentation de la dissimulation, de l’omission, du refus ou de l’impossibilité de dire n’exprime-t-elle pas une possibilité de dégagement et d’autonomie offerte au sujet ? Ainsi, Piera Aulagnier faisait du droit au secret la condition de la pensée. De la psychopathologie quotidienne et du mot d’esprit à l’apparition du mensonge chez l’enfant et au mensonge pathologique, les territoires du mensonge intéressent toute la psychanalyse, à commencer par la définition du transfert comme « fausse liaison ». Mais le mensonge apparaît aussi dans des pathologies graves comme expression de troubles narcissiques de la personnalité, voire d’organisations narcissiques destructrices, perverses ou psychotiques. La mythomanie en témoigne, version pathologique du registre de la toute-puissance infantile, du déni de la castration, d’une folie d’emprise sur autrui et sur le monde. Ce sont ces territoires que nous vous invitons à explorer au cours de ce colloque : questions sur la vérité et l’identité, l’idéalisation et le clivage du moi, de l’approche freudienne aux élaborations contemporaines.

 

C o l l o q u e   2 0 1 4   –   C e n t   a n s   d e   n a r c i s s i s m e 

En 1914, Freud publie Pour introduire le narcissisme : introduire dans le champ de la psychanalyse une notion qui circule chez les « sexologues » de l’époque et dans les cercles psychanalytiques en résonance avec celles d’homosexualité et de psychose. De cette notion circonscrite désignant « le comportement par lequel un individu traite son propre corps de la même manière qu’on traite d’ordinaire celui d’un objet sexuel », il fera un concept dont la polysémie sera dénoncée. Et son usage extensif et banalisé contribuera à en occulter la complexité. Car cette possibilité d’investissement libidinal du moi lui-même ne manque pas d’interroger les fondements de la théorie. Certaines questions amorcent un développement fécond : ainsi avec Deuil et mélancolie autour du futur surmoi et des instances idéales. D’autres ouvrent à des contradictions : par exemple entre choix d’objet par étayage, prototype de l’objectalité et choix d’objet narcissique, introduisant la problématique du double et de la spécularité. D’autres montreront leurs limites : le modèle économique de la balance libidinale entre investissements objectaux et narcissiques. Enfin qu’en est-il des hypothèses de « genre » que Freud formule ici : qu’en disons-nous aujourd’hui, à la lumière de cent ans de travaux sur le féminin ?

 

C o l l o q u e  2 0 1 3   –   F i n i r   l ‘ a d  o l e s c e n c e

En ces temps où les adolescents affichent plus que jamais pour eux-mêmes et pour tous une « soif d’illimité », formant ainsi une nouvelle « royauté » narcissique virtuelle, finir l’adolescence peut s’entendre comme une injonction surmoïque tout autant qu’une aporie.Finir l’adolescence dans ce contexte expose à l’épreuve du temps et de la chute narcissique, au devenir sujet de soi-même, de son sexe de femme ou d’homme et de ses choix d’objet, éveille l’angoisse de castration face aux passages symboliques pour devenir adulte. Finir, passer, devenir, imposent à nouveau la mesure de la solidité des limites internes et de l’identité, la qualité des modalités introjectives comme celles de la réponse de l’objet, des parents, du socius.
C’est à la clinique de l’in-finir que les patients convoquent essentiellement les psychanalystes, quand le travail psychique est en panne derrière les façades adaptatives, quand l’amorce d’une vie de couple, d’une profession, d’une future parentalité exacerbe des conflits inconscients restés silencieux, ou provoque des désorganisations psychopathologiques sévères. Comment finir ? Pourquoi finir ? Et si « une position adolescente » s’organisait de façon heureuse comme une source de la potentialité créative tout au long de la vie ?