La Revue Française de Psychanalyse

XC-1 Résumés des articles

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THÈME : AIMER

Florianne Gani – L’économie d’Éros

RÉSUMÉ – Aimer suppose une relation à un objet, mais l’économie libidinale du sujet doit pouvoir se consacrer à un autre. Un obstacle à la capacité à aimer est la peur de se faire avoir, de se perdre, entraînant le fantasme de « faire couple » conçu comme un programme maîtrisé entre deux individus, mais qui est nécessairement voué à l’échec dans la mesure où l’économie d’Éros suppose de pouvoir se dépenser sans calcul, au-delà de tout compte. C’est que la logique d’aimer ne relève pas de l’échange ou d’un contrat garantissant l’ataraxie mais plutôt d’une économie de la dépense où la perte et le bouleversement de la rencontre amoureuse rendent davantage possible un art d’aimer. Aimer requiert de se rendre disponible à l’action de transformation des deux amants engagés dans cette relation qui les déborde.

MOTS-CLÉS – aimer, narcissisme, relation d’objet.

Dinah Rosenberg – La belle au bois dormant et le petit chaperon rouge. Travail d’adolescence et capacité d’aimer

RÉSUMÉ – Ce texte évoque la cure de deux jeunes femmes au sortir de l’adolescence, aux prises avec les débuts de leur vie amoureuse et les achoppements du travail de séparation requis à l’adolescence. Ces cures permettent d’interroger le travail de séparation de l’adolescence en lien avec un travail de deuil, ou de mélancolie et de poser la question de ce dont on se sépare à l’adolescence. La question du travail de deuil, du travail de l’adolescence, du travail de la cure et du travail de rêve indique comment aimer, travailler, se séparer, pensés comme trois buts possibles de la cure analytique, sont finalement indissociables. Avec la présence du corps et l’explosion pulsionnelle à l’adolescence, la notion de travail se situe comme celle de pulsion au plus près du corps et toujours à l’interface entre le renoncement nécessaire et le déplacement indispensable pour retrouver une satisfaction détournée.

MOTS-CLÉS – réalité, travail de deuil, temporalité, angoisse, adolescence, aimer.

Laurent Danon-Boileau – S’aimer bien

RÉSUMÉ – « Aimer bien », dit l’amour tempéré objectal et narcissique qui, contournant la passion, donne accès à un amour apaisé, résultant d’un deuil et cependant sans tristesse. « Que demandez vos/Quant vos m’avez… ?/ Ge ne demant rien/ Se vos m’amez bien. » Ces vers lus par un patient en séance lui avaient été adressés par sa maîtresse pendant les vacances d’été. Le travail qui s’ensuivit éclaira d’un jour particulier la clinique de la double vie et les défauts d’objet primaire dont elle peut résulter. Dans la bouche de l’aimée « Quand vous m’avez » vaut comme protestation d’amour, mais aussi comme incitation au renoncement. « Si vous m’aimez bien » n’est pas l’expression de l’acceptation d’un amour amoindri, mais une manière de souligner que l’amour prodigué par la dame n’est pas une vérité établie par celui qui l’énonce, car il ne fait que reprendre les mots de son objet d’amour. En cela « bien » est la trace d’une conviction qui résulte d’une intégration réelle de l’objet primaire.

MOTS-CLÉS – aimer, bien, deuil, double vie, objet primaire.

Catherine Chabert – Un amour redoutable

RÉSUMÉ – L’hypothèse développée dans ce texte soutient le caractère indispensable de l’amour du surmoi dans la construction de l’appareil psychique. Aimer, être aimé : la réalisation des désirs et la satisfaction qu’elle apporte sont parfois gâtées par un sentiment névrotique de culpabilité. Mais si les interdits sont déqualifiés – dans un contexte de surinvestissement narcissique notamment – la recherche compulsive de satisfaction autoérotique s’emballe : comment comprendre le renforcement du besoin de punition, sa violence totalitaire, intransigeante et aliénante sinon comme une condition essentielle au maintien de l’amour du surmoi. L’amour ne reste-t-il pas ancré à la peur de décevoir l’objet, de ne pas répondre à ses attentes en transgressant les principes fondamentaux qui permettent de traiter la vie pulsionnelle et ses débordements ? La clinique d’une cure conduit à la distinction entre règles et interdits et permet d’analyser les modalités variables de l’amour du surmoi, décisif quant à la capacité d’aimer.

MOTS-CLÉS – amour, haine, surmoi, règles, interdits, narcissisme, idéal.

Silke Shauder – Amour, haine, hainamoration : Les Liaisons dangereuses (1988), par Stephen Frears

RÉSUMÉ – Le présent article propose une lecture du roman épistolaire des Liaisons dangereuses (1782) par Choderlos de Laclos, en analysant l’adaptation cinématographique qu’en propose Stephen Frears (1988). Absent du livre, une scène clé réunit dans le film, en un seul espace, la Marquise de Merteuil, le Vicomte de Valmont et la Présidente de Tourvel. Deux études sont alors menées en parallèle : celle des moyens techniques du cinéma pour représenter la complexité de leurs liens, une attention particulière étant portée à la visagéité et la circulation subtile des regards. Puis, le rapport que chacun des protagonistes entretient avec l’amour, la séduction et le pouvoir est élucidé. La passivation qui fait accéder la Tourvel à un amour quasi mystique contraste fortement avec la rage narcissique qu’éprouve la Merteuil. La quête perpétuelle d’emprise de cette dernière se heurte à l’expérience inédite de Valmont qui, bouleversé, quitte leur manège pervers pour connaître son premier amour.

MOTS-CLÉS – Les Liaisons dangereuses, passivation, instrumentalisation, séduction, amour.

Isabelle Martin Kamieniak – Denise Braunschweig, Éros au féminin

RÉSUMÉ – Issu d’une intervention aux Journées d’Étude de Psychosomatique 24, ce texte propose une présentation de la pensée de Denise Braunschweig et Michel Fain dans leur livre Éros et Antéros, une réflexion psychanalytique sur la sexualité (1971/2013). L’antagonisme entre érotisme et narcissisme, représenté par Éros et son jumeau Antéros, les conduit à revisiter la construction de l’identité sexuelle et de la complémentarité de la différence des sexes. Cette réflexion psychanalytique sur la sexualité, la sexualité masculine comme la sexualité féminine est menée par un homme et une femme, un couple, qui posent au cœur de leur questionnement le désir, le plaisir et l’amour. Nul doute que Denise Braunschweig y fait entendre la voix d’Éros au féminin.

MOTS-CLÉS – narcissisme, érotisme, désir, plaisir sexuel, amour.

Éric Smadja – Le choix d’objet amoureux, son historicité et son travail dans l’œuvre de Freud

RÉSUMÉ – Aimer, être aimé, s’aimer à travers l’amour de l’autre, objet amoureux et peut-être futur objet conjugal. Qui est cet objet et comment le choisit-on ? Nous proposons d’explorer les étapes déterminantes constitutives de catégories ou composantes différentes du choix d’objet que nous avons repérées à travers l’œuvre de Freud. De même que nous le suivrons dans ses interrogations portant sur les rapports entre choix d’objet et sexe de l’objet, choix d’objet et comportement amoureux. Freud initie son investigation en 1905 avec ses Trois essais et la poursuivra jusqu’en 1933 lorsqu’il abordera la sexualité féminine et la féminité. Trois textes constitueront des jalons dans l’évolution de sa recherche : « Pour introduire le narcissisme » (1914), « De la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine » (1920), et « Fétichisme » (1927). Il nous invite ainsi à découvrir une historicité et un véritable travail de choix d’objet à concevoir comme une formation de compromis.

MOTS-CLÉS – objet, choix, amour, travail, narcissisme, bisexualité.

Christine Larroque – De l’excitation à l’œuvre : sexe, amour et écriture chez Catherine Millet

RÉSUMÉ – La série autobiographique de Catherine Millet révèle une tension fondamentale entre amour et sexualité que la psychanalyse permet de penser. À partir de Jour de souffrance et La Vie sexuelle de Catherine M., il sera exploré comment l’écriture organise une scène d’excitation où le corps est pris dans les rets de la jouissance. La jalousie y est structure fantasmatique, ravageante et excitante, tandis que l’amour et la reprise d’une cure font vaciller l’économie pulsionnelle. Plus qu’un récit de soi, cette écriture actualise le fantasme et soutient une jouissance aux confins du symbolisable. Ces deux opus montrent que le sexe et l’amour, bien que disjoints, s’enchevêtrent dans une langue dont la fonction dépasse la signification révélant sa fonction de pare-excitation.

MOTS-CLÉS – amour, sexualité, jalousie, excitation, écriture, dispositif.

Dossier : Variations du « on » en clinique psychanalytique

Coordination Bertrand Colin, Vassilis Kapsambelis

Annabelle Tuset – Introduction. Par quel bout le prendre, ce « on » ?

RÉSUMÉ – À partir du travail d’élaboration de la clinique du CCTP Jean-Favreau naît chaque année un colloque. Celui-ci permet d’ouvrir la réflexion sur un groupe plus élargi. Ce dossier étend encore ce travail en présentant, outre certaines présentations du colloque, des élaborations secondaires de divers auteurs. Le thème de ce dossier, « Variations du on dans la situation analytique », nous fera parcourir les multiples occurrences du « on », de l’impersonnalisation initiale à la possibilité de subjectivation après la traversée du complexe d’Œdipe et l’accès à l’universel. L’évocation de la figure de Jean-Luc Donnet, récemment disparu et figure fondatrice du travail de recherche au CCTP, nous accompagnera dans ce travail.

MOTS-CLÉS – CCTP Jean-Favreau, indétermination, universel, subjectivation.

Jean-Louis Baldacci – On parle d’une recherche

RÉSUMÉ – À partir d’une méthode de recherche clinique originale, un groupe d’analystes explore les changements corrélativement liés à l’usage du pronom « on » dans la situation analytique. L’impersonnalisation dont témoigne son usage traduirait-elle la possibilité du passage de l’actuel au fantasme ? Et, corollaire de la question, comment les échanges au sein d’un groupe d’analystes participent-ils au retour psychique dans la cure dont ils ont parlé de fantasmes analysables ? Enfin, comment le groupe, les colloques et l’écriture favorisent-ils l’expansion symbolisante ouverte par l’usage de ce pronom personnel indéfini ?

MOTS-CLÉS – on, recherche clinique, impersonnalisation, groupe, colloque, écriture.

Bertrand Colin – Le « on » et le « je » à l’épreuve des logiques du fantasme

RÉSUMÉ – Les indéterminations du « on » renvoient à celles du « je ». Une lecture des trois célèbres fantasmes – « on bat un enfant », « on tue un enfant », « on parle d’un enfant », permet l’approfondissement d’une articulation à penser entre processus d’impersonnalisation, dont l’usage du « on » témoigne parfois, et surprise de la subjectivation.

MOTS-CLÉS – fantasme, impersonnalisation, je, on, subjectivation.

Kalyane Fejtö – Le groupe pour commencer, le groupe pour terminer

RÉSUMÉ – L’analyse suppose que se constitue un « nous » qui signe l’existence du « couple » analytique. Ce « nous » est le théâtre de différents types de transfert tout le long de l’analyse. Il permet l’incarnation de différentes figures, des plus archaïques aux plus élaborées, et se « défait » au moment de la séparation. Si l’asymétrie et l’écart sujet-fonction permettent le déploiement de la dynamique transférentielle et la possibilité de l’interprétation, il est parfois nécessaire qu’intervienne un tiers objectivé par le groupe pour instituer et maintenir fonctionnelle la situation analytique. Dans le groupe, « on parle d’un patient » devant l’analyste qui devient dès lors spectateur d’une scène dans laquelle le groupe après avoir écouté la présentation de l’analyste « s’approprie » le patient et associe librement. Ce dispositif qui modifie la place de l’analyste peut contribuer à souligner des enjeux contre-transférentiels dont l’éclairage est nécessaire tant pour commencer l’analyse que pour la terminer.

MOTS-CLÉS – fin de l’analyse, séparation, dynamique transféro-contre-transférentielle, l’écoute groupale.

Delphine Lhotellier – Le dialogue entre le « nous » et le « on », porteur de l‘organisation du groupe analytique

RÉSUMÉ – À partir de l’analyse de trois séances d’un groupe thérapeutique semi-ouvert, ce texte explore les fonctions du pronom « on » dans la dynamique groupale. Il révèle comment ce pronom soutient les processus d’indifférenciation, de subjectivation et de reconfiguration identitaire. Le groupe devient le lieu d’un travail émotionnel partagé, favorisant la transformation des imagos archaïques et la construction d’une enveloppe psychique commune. Le « on » incarne ainsi une forme de méta-transfert, moteur du processus thérapeutique.

MOTS-CLÉS – groupe analytique, pronom « on », enveloppe psychique, transfert groupal, subjectivation.

Claire Cubells-Seibert – De « on » à « nous », des imagos figées à l’émergence de mouvements identificatoires dans la cure d’Andrea

RÉSUMÉ – L’auteur présente la cure d’une patiente qui va progressivement se dégager d’une soumission à des imagos mal différenciées pour s’engager dans un travail de subjectivation. L’évolution du sens donné au pronom « on » utilisé dans la cure permet de repérer cette évolution : du passage du « on » qu’utilise la patiente, pronom neutre qui qualifie un agglomérat familial, à un on/nous utilisé par l’analyste, qui désigne le couple patient/analyste et la fonction tiercéisante de l’institution.

MOTS-CLÉS – imagos, contrainte, angoisse, tiers, identification, contre-transfert.

Cécile Laborde – Les valeurs du « on »

RÉSUMÉ – Uniquement employé comme sujet, le pronom « on » peut renvoyer à une personne comme à plusieurs. Son indétermination rend parfois difficile, voire impossible, l’identification du locuteur. C’est elle cependant qui lui permet de fonctionner comme substitut de tous les autres pronoms personnels. Le pronom « on » s’offre comme véritable aire de jeu. Il permet tour à tour au locuteur de s’inclure ou de s’exclure, de se laisser identifier ou non.

MOTS-CLÉS – pronom, indétermination, identification, aire de transition.

RUBRIQUES

Clinique et technique psychanalytiques

André Ciavaldini – « Quand l’autre paraît ». Le travail de la subjectivation avec les auteurs de violences sexuelles

RÉSUMÉ – La clinique de la violence sexuelle confronte régulièrement le clinicien à des sujets pour qui ce que nous nommons l’altérité n’a pas de sens véritablement partageable. Présentant des organisations évoluant entre troubles limites et psychoses, ces sujets s’appuient sur leur environnement proximal pour réguler leur vie psychique. La victime est la part de cet environnement à qui est dédiée cette impossible tâche, ainsi est niée chez elle sa qualité d’autre et par voie de conséquence sa subjectivité. Ce phénomène de désobjectalisation est constant dans ces cliniques de la violence. Quels processus seront à l’œuvre pour réinstaurer voire, pour certains, instaurer une telle subjectivité ? Quels aménagements seront nécessaires de nos dispositifs thérapeutiques pour organiser, avec l’auteur de violences sexuelles, des conditions favorables lui permettant d’élaborer puis de porter (supporter) un tel processus subjectivant pouvant potentiellement faire paraître en lui de « l’autre ».

MOTS-CLÉS – violences sexuelles, injonction de soins, affect, trouble limite, subjectivation, psychodrame.

Anne-Valérie Mazoyer, Vincent Estellon – Fonction séparatrice d’un épisode d’hypomanie après un moment de mélancolie ordinaire amoureuse

RÉSUMÉ – Cet article vise à comprendre un basculement dans le travail thérapeutique avec un jeune homme prénommé Armand. Suite à un état vif de souffrance relative à une rupture amoureuse, Armand entre rapidement dans une symptomatologie plus hypomane. La manie, trop souvent associée à une défense contre la dépression, est ici explorée dans un versant plus dynamique et heuristique, dans une psychothérapie psychanalytique ouverte par la clinique du transfert. Nous émettons l’hypothèse selon laquelle certains moments hypomanes sont susceptibles de posséder un caractère transformationnel aidant à se séparer d’un lien amoureux bien plus ancien, autoritaire et tyrannique. Est mise en perspective la façon dont ces remaniements défensifs et subjectifs sont scénarisés dans la clinique du transfert.

MOTS-CLÉS – emprise, épisode hypomane, mère morte, mélancolie, transfert.

Nicole Oury – « Réalité psychique : que me veux-tu ? »

RÉSUMÉ – Ce texte étudie les nombreuses qualités que la réalité psychique possède et partage avec l’Inconscient : en premier son atemporalité dont Freud nous fournit un exemple remarquable en démontrant comment, au fil des années, la contrainte s’exerce dans son transfert à Romain Rolland ; puis un exemple clinique autour du signifiant « mur » démontrera les manifestations de l’expression de la réalité psychique sur le mode accompli et la force hallucinatoire qu’elle exerce sur la vie d’âme de l’analysé. L’analyste est dans une position au carrefour de deux réalités psychiques, celle du patient et la sienne propre, il doit « deviner » par induction de pensée ce qui anime ces mouvements transférentiels, tous ces phénomènes participent à ce moment de création qui pousse l’analyste à interpréter et parfois à écrire. La réalité psychique est omniprésente, elle se manifeste avec insistance et répétition, elle interpelle et pousse à interroger l’inquiétant-familier qu’elle suscite : « Réalité psychique : que me veux-tu ? ».

MOTS-CLÉS – réalité psychique, inconscient, induction de pensée, deviner, contrainte, accompli, co-pensée

Psychanalyse et littérature

Mathilde Saiet – Brouillage dans la temporalité. L’attente ou le temps décomposé dans En attendant Godot

RÉSUMÉ – Cet article propose d’interroger le statut de l’attente dès lors que celle-ci se présente comme une attente subie, sans fin, telle qu’elle est figurée dans En attendant Godot. À l’opposé d’une attente « rêveuse », porteuse d’espérance, cette attente immobilisante n’offrirait plus que désœuvrement et routine, enlisement dans l’inactivité. Il s’agira notamment de montrer comment cette attente sans objet disloque et désorganise la temporalité de Chronos (commune, rationnelle, linéaire), donnant lieu à des phénomènes de répétition et de distorsions temporelles (déjà-vu, condensation, accélération, contraction, etc.) typiques de la temporalité du rêve et de l’émergence des processus primaires. La pièce de Beckett semble ainsi illustrer les deux modèles temporels du rêve tel que Freud les a définis : celui du rêve traumatique, qui répète une scène à l’infini, et celui du rêve-désir, dans lequel le travail de déformation peut désorganiser la temporalité.

MOTS-CLÉS – attente, temporalité, rêve, zeitlos, boucles temporelles.

Armelle Hours – Au contact d’une œuvre, émergences de l’identification. L’exemple de Not I/ Pas Moi, de Samuel Beckett

RÉSUMÉ – Comment penser les enjeux de ce qui a lieu au contact d’une œuvre ? Quelle est la place des identifications ? Comment faire entrer en résonance de façon fructueuse ces deux champs, celui de la psychanalyse et celui de l’espace culturel ? L’investigation menée sur la pièce Not I/ pas Moi, de Samuel Beckett, depuis 2021, va tenter d’apporter quelques éclairages. L’auteur situera d’abord cette problématique des identifications, spécialement au contact de l’œuvre d’art. Puis suivra la présentation de cette très courte pièce de Not I/ Pas moi, assez exemplaire de l’œuvre littéraire de l’auteur. C’est précisément ce texte-là qui a permis d’initier un travail original d’écoute groupale. Quelques hypothèses centrées autour de l’émergence et/ou de la résurgence de formes primordiales d’identification seront avancées.

MOTS-CLÉS – identifications, art, littérature, écoute, groupe, recherche.

La psychanalyse en Allemagne : un autre point de vue

Bettina Jesberg, Johanna Naumann – Remarques sur l’entretien avec Erika Kittler paru dans le dossier « La psychanalyse en Allemagne »

RÉSUMÉ – L’entretien avec E. Kittler publié dans le dossier « Psychanalyse en Allemagne » (Rfp, 1/2024) comporte quelques inexactitudes dévalorisant la DPG, nécessitant donc une mise au point. Depuis 1950, l’Allemagne compte deux sociétés psychanalytiques, la DPG et la DPV, dont E. Kittler est membre. Depuis les années 1980, la DPG a travaillé sur son passé et s’est ouverte à la psychanalyse internationale, aboutissant à son admission à l’API en 2009. Contrairement aux propos de E. Kittler, les relations avec la DPV ont évolué positivement, avec des collaborations et recherches communes. Les accusations référant encore la DPG à l’héritage nazi nous paraissent infondées, peut-être par méconnaissance de son histoire. De plus, les critiques sur sa pratique psychanalytique actuelle, notamment sur la fréquence des séances et la libre association, sont erronées. La formation et l’intégration des psychanalystes dans le système de santé allemand mériteraient une analyse plus nuancée.

MOTS-CLÉS – Allemagne, sociétés psychanalytiques, DPG, DPV, histoire, nazisme.