La Revue Française de Psychanalyse

C’est avec une immense tristesse que notre revue annonce la disparition de Françoise Coblence, qui a été notre directrice de 2012 à 2020, le 29 juillet 2021.

Née en 1949, agrégée de philosophie, Françoise Coblence a été professeure émérite d’esthétique à l’université de Picardie Jules Verne, et responsable du Centre de recherches en arts de cette université. Elle a publié notamment Le Dandysme, obligation d’incertitude (Puf, 1988), Les attraits du visible (Puf, 2005), des articles sur Baudelaire et le dandysme, H. Arendt et E. Levinas (notamment dans la Nouvelle Revue de psychanalyse). Elle a dirigé la publication de l’ouvrage Les fables du visible et l’esthétique fictionnelle de Gilbert Lascault (Bruxelles, La lettre volée, 2003).

Françoise Coblence est entrée à la Société Psychanalytique de Paris en 1996, est devenue adhérente/titulaire en 2003, puis formatrice en 2011.

Elle a publié une cinquantaine de textes psychanalytiques importants, dont Sigmund Freud 1886-1897 dans la collection «Psychanalystes d’aujourd’hui» (Puf). Elle fut rapporteur du Congrès des Psychanalystes de Langue Française de 2010, avec comme titre de son rapport : La vie d’âme. Psyché est corporelle, n’en sait rien. Ses plus récentes recherches portaient sur l’articulation de l’esthétique et de la psychanalyse, en particulier autour de l’empathie.

Sa direction de la Revue française de Psychanalyse de 2012 à 2020 a été marquée par l’ouverture de notre revue vers le monde des sciences humaines et de la culture, mais aussi vers la réflexion épistémologique. Curieuse de tout, mais d’une sûreté de jugement qu’adoucissaient sa bienveillance et sa courtoisie, elle envisagerait les textes qui nous sont soumis sans à priori ni sectarisme, soucieuse de leur seul intérêt pour la pensée psychanalytique. Elle était particulièrement tournée vers la transmission, et elle animait un séminaire intitulé «Écrire la clinique», ouvert à des collègues jeunes et moins jeunes, analystes en formation ou analystes confirmés, qui cherchaient à rendre sous forme écrite leur réflexion sur telle ou telle situation clinique, et l’enrichir avec la discussion théorique appropriée. D’une très vaste culture psychanalytique, elle suivait de près les différentes évolutions de notre discipline et tenait à ce que les multiples avancées trouvent leur place dans nos pages.

Pour de nombreux membres de l’actuel comité de rédaction de notre revue, la perte de Françoise Coblence est la perte d’une collègue remarquable, d’une compagne de route indéfectible, d’une amie, d’une grande sœur.