La Revue Française de Psychanalyse

Entretien avec Geneviève HAAG

Entretien avec Geneviève HAAG

Rfp : Vous venez de publier aux PUF, dans la collection « Le fil rouge. Enfance » un gros volume intitulé Le moi corporel. Autisme et développement. Vous avez rassemblé dans ce livre un certain nombre de vos écrits publiés depuis près de quarante ans ! Pourriez-vous revenir sur la genèse de ce livre, sur son titre de « Moi corporel », et donc revenir sur votre méthode de travail, à partir de l’entrecroisement de l’observation de bébés et la clinique psychanalytique de l’autisme ?

Geneviève HAAG : À la sortie de mes fonctions hospitalières en tant qu’externe puis interne des HP de la Seine, ma deuxième implantation professionnelle à mi-temps se fit dans l’ouverture, par la reconversion d’un ancien préventorium par un ordre religieux, d’une institution résidentielle destinée à recevoir de jeunes enfants. Ces jeunes enfants en moyenne âgés de 2 à 5 ans ne pouvaient être gardés à la maison et encombraient les lits de pédiatrie ; ils présentaient des troubles neuropsychiatriques variés : ces troubles étaient souvent des séquelles de traumatismes néonataux ou d’atteinte encéphalitiques d’origine inconnue. Beaucoup étaient aux prises avec des mécanismes autistiques et psychotiques ou de graves dysharmonies. Une partie d’entre eux avaient des troubles neurologiques importants et constituaient une section de polyhandicapés. Les expressions dominantes de presque tous ces enfants étaient de nature stéréotypée et je me trouvais devant une énigme : ces expressions avaient-elles un sens ? Et c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à l’autisme en même temps qu’au premier développement. J’ai fait ma thèse de médecine et en même temps mon mémoire de spécialité sur les stéréotypies avec beaucoup d’observations et beaucoup d’interrogations (1970). Où commence le moi ? Cela avait-il à voir avec le moi corporel évoqué par Freud ?

Parallèlement, dans mon travailau CMPP qui accueillait des enfants de 0 à 20 ans (à l’Institut Claparède, dirigé par Henri Sauguet, membre titulaire de la SPP), j’ai d’abord assisté le Dr Narlian qui s’intéressait aux troubles des apprentissages (DL – DO – DC) et à leurs liens possible avec des troubles de la latéralité. Je m’étais intéressée à la neurologie durant mon externat, avec déjà des interrogations sur l’image du corps. Les liens entre l’Institut Claparède et l’hôpital Henri Rousselle[1] ont favorisé le contact avec les travaux d’Ajuriaguerra sur le dialogue tonico-émotionnel, travaux auxquels nous nous référons encore. Mais à l’Institut Claparède, je souhaitais surtout commencer ma formation à la psychanalyse des enfants. Arrivé dans cette institution en 1966, James Gammill me fut désigné par Henri Sauguet comme premier superviseur. Il se trouve que l’enfant choisi pour cette supervision était un Asperger surdoué qui, à 8 ans, lisait Freud et la philologie, se passionnait pour l’évolution des langues latines depuis l’indo-européen, mais était complètement inadapté dans la vie courante, presque incapable de s’habiller.  On aurait pu dire qu’il était une tête active dans une grande maitrise d’intérêts intellectuels investis en secteur, ce que Meltzer a désignés comme obsessionnalité post-autistique. À la limite, il semblait ne pas avoir de corps. Ni Gammill ni moi ne connaissions cette pathologie. Cet enfant était très motivé pour les séances mais je n’ai pas pu faire grand-chose pour sa composante autistique. Gammill nous orienta, quelques collègues et moi s’intéressant à l’autisme et au développement précoce, vers les collègues de la Tavistock qui avançaient bien les choses de ce côté, et notamment vers Esther Bick qu’il nous envoya écouter au précongrès de l’IPA à Londres en 1971. Ce que je compris de ce qu’elle montrait des expressions corporelles du bébé en les désignant comme une gestualité ayant un sens pulsionnel, émotionnel, dans une relation self-objet en construction, résonna immédiatement pour moi avec les interrogations que j’avais sur les stéréotypies des autistes gardant certaines formes de cette gestualité capturées dans la répétition. Je m’écriai : voilà ce qu’il nous faut pour comprendre l’autisme ! Je traduisis immédiatement son article sur « Le vécu de la peau dans les toutes premières relations d’objet » (1968). Nous prîmes contact les années suivantes avec Frances Tustin et Donald Meltzer avec qui des week-ends de travail réguliers s’organisèrent à Paris à partir de 1974. L’observation des nourrissons selon la méthode d’Esther Bick, attachée à l’observation minutieuse des expressions corporelles, était alors obligatoire dans la formation des psychothérapeutes d’enfants, et une année était également obligatoire dans la formation des futurs psychanalystes d’adultes à la British Society. Meltzer était accompagné de sa femme, Martha Harris, qui enseignait l’observation des nourrissons à la Tavistock Clinic. Nous avons pu organiser un contact régulier avec Esther Bick à partir de 1979 pour faire superviser les observations de nourrissons que Anik Maufras du Châtellier, mon mari et moi-même, avions pu mettre en route. Cette expérience d’observation naturaliste à domicile m’apporta ce sur quoi je comptais bien et de plus, à ma surprise, la sensation d’être mieux adossée dans mon fauteuil d’analyste. Je me suis beaucoup interrogée sur ces ressentis. Je les relie actuellement à ce qui s’approfondit sur les bases du moi corporel (l’objet ou Présence d’arrière-plan d’identification primaire théorisée par James Grotstein) à partir du travail psychanalytique notamment avec les autistes. À cette époque, ces travaux n’étaient pas bien compris en France, même si Evelyne Kestemberg avait formé un Groupe d’observation dans le cadre du Centre Alfred Binet. Je trouvais pour ma part que cette observation restait dans le sillage des observations de Freud qui ont permis l’écriture des « Trois essais » …

Rfp : Vous accordez au regard un rôle essentiel dans la constitution de l’intériorité de l’enfant. En quoi le regard peut-il être considéré comme permettant la synthèse des premières représentations ? Dans quelles conditions le caractère pénétrant du regard peut-il être si destructeur ou menaçant ?

Geneviève HAAG : Dans notre culture dite occidentale et de tradition judéo-chrétienne, échappant semble-t-il à la crainte d’un mauvais œil venant d’ancêtres malveillants, on offre le regard à l’œil chez le bébé dès la naissance dans une certitude que l’œil à œil est d’emblée ou rapidement constitutif du lien relationnel qui se crée dans les premiers échanges. Certains bébés, pour des raisons attribuées à la faiblesse de l’acuité visuelle pendant les premières semaines, ne viennent au regard qu’à la fin du premier mois. Les études des Cahiers du Nouveau-né ont noté le maximum d’œil à œil dans le deuxième mois de la vie, tout d’abord un peu « suspendu », dans une certaine relation de surface (adhésivité normale), puis devenant plus lumineux, pétillant, vers le 3ème mois, là où nous situons aussi l’introjection de contenance, c’est-à-dire une image mentale tridimensionnel de sphère, « la peau » selon Esther Bick n’intéressant d’abord que le dialogue tête à tête. Les autistes qui ont à construire cette image indiquent qu’il faut combiner l’appui-dos/nuque/tête qui contiendrait les rythmicités du dialogue tonico-émotionnel et aussi les rythmicités sonores du prénatal avec l’interpénétration du regard : cela fait du tout autour. Dans le développement, cela a pu nous être indiqué par un bébé de 4 mois et demi au cours d’un « jeu au sein », désignant du regard une sorte d’horizon virtuel après des allers et retours de plongée vers le sein pour une très brève jonction bouche/mamelon suivie d’un redressement bien vertical. Les enfants autistes, au moment où cela advient dans le transfert, se mettent un cerceau autour du haut du corps, ou s’incluent dans un pneu souvent proposé par les institutions. Cela suppose que le fond de cette tête sphérique est bien fermé, car en cas par exemple de perte du rythme régulier des séances (prédictibilité) le patient peut tomber de l’autre côté de la tête du thérapeute (cela peut produire l’effet de tomber dans un trou noir) devant au mieux se ré-agripper à une stéréotypie préalable à la construction ou reconstruction de ce fond-là. L’évitement de la pénétration chez les bébés à risque autistique est l’un des premiers symptômes. Chez les enfants autistes, l’évitement s’accompagne souvent d’un regard dévié, ou périphérique, dévolu à la vision dans l’obscurité et au repérage des mouvements autour, mais ce n’est pas alors un regard prédateur qui est évité, c’est plutôt un risque de chute.

            Le regard prédateur (l’œil rouge) surgit dans les expériences de « non retour » du regard de l’autre qui arrachent alors la contenance en train de s’installer, car nous apprenons qu’il y a un fantasme de voyage dans le regard dans ce que nous appelons à juste titre les échanges par le regard. Cela fut théâtralisé très précisément par un enfant en traitement se servant des murs de la pièce (représentation de la tête/corps du parent). Après une plongée dans le regard du thérapeute, il marcha jusqu’au retournement sur le mur d’en face et revint s’inclure dans l’arrondi d’un petit fauteuil au-dessus duquel, après plusieurs de ces allers et retours, il dessina un éventail de « boucles de relation » (voir dans mon livre le chapitre sur la structure radiaire de contenance).

            Peut-on parler de l’introjection de contenance en tant que synthèse des premières représentations ? Que sont les premières représentations ? Ne sont-elles pas d’abord des images mentales de formes découlant des images motrices de ces allers et retours des motions pulsionnelles et émotionnelles qui cherchent rencontres et transformations (cf. Bion). C’est ce que j’appelle la géométrie primitive qui va se dessiner dans les premières traces laissées par l’enfant de la 2ème année de la vie. Ce sont d’abord des formes rythmiques (balayages aller/retour, spirales), puis les formes fermées, émergent seulement au cours ou en fin de la 3ème année de l’enfant : fermeture du cercle donnant le soleil-visage, le bonhomme têtard qui va se dédoubler en soleil qui monte jusqu’à une ligne de ciel, et le bonhomme qui atterrit plus ou moins facilement sur une ligne de terre. Notons que cet atterrissage du bonhomme est dessiné après l’appropriation du « je », comme s’il y avait une deuxième naissance avec une certaine épreuve de chute au moment de cette appropriation achevant seulement alors la séparation corporopsychique, le « je » restant en projection identificatoire dans la tête de la mère depuis le repérage de l’image spéculaire, le petit enfant pouvant se regarder et se reconnaître en troisième personne (étape dite d’individuation) : « moi » et « à moi ».

            Prenons l’exemple de la représentation/visage. Jusqu’à la fin de la première année, si le visage est bien connu, retrouvé avec joie, voire enthousiasme (associé à un affect jubilatoire), il n’est pas pour autant représenté de manière accessible en l’absence jusqu’à la « crise d’attachement » autour d’un an, c’est-à-dire les pleurs à la perte du contact visuel avec la mère. En deçà, le lien dans les allées et venues de la mère se maintient dans le sonore (la voix, les bruits de cuisine, le mixer…), l’enfant réclame les bras pour la reprise du dialogue tonico-émotionnel et vocal. Notons que la stabilisation de cette image de boucles forme le squelette interne de l’image sphérique d’entourance, abstraction d’une ligne tangente à une famille de boucles, et vient correspondre à la possibilité d’aborder le stade du miroir où l’image du visage n’est plus un autre en double, caché derrière, mais la prise de conscience d’un moi séparé de l’autre, des autres.

            L’introjection de contenance est donc là bien avant et n’intéresse pas d’abord tout le corps. Les images mère/bébé de la renaissance italienne montrent l’entrecroisement des auréoles qui, elles, peuvent sans doute représenter cette introjection de contenance permettant les échanges intersubjectifs de la période dite symbiotique (à demi soi, à demi l’autre).

            Ces auréoles s’ovalisent en mandorle pour contenir tout le corps ayant intégré les grands axes dans les processus identificatoires, que j’ai appelés intracorporels, qui se déroulent de l’âge de 3 à 10 mois environ dans le développement sans entrave. Comment se fait l’introjection de contenance dans les cultures qui ne se servent pas de la relation au regard ? Les observations de nourrissons réalisées dans ces cultures, par exemple celle réalisée par Suzanne Maïello en Afrique du Sud et exposée lors d’une journée à l’Unesco, communiquent le spectacle et la participation à un entourage qui chante et danse autour du bébé caché dans les vêtements se nourrissant seul, sans relation au visage, mais dans un dialogue tonico-émotionnel qui semble assurer la cohérence des premières formations de boucles relationnelles. Mais nous gardons beaucoup d’interrogations et avons encore à approfondir ces niveaux de développement.

Rfp : Vos travaux portent à la fois sur le développement de l’enfant et sur la place de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme. Pourriez-vous préciser le lien entre les deux et l’intérêt de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme, place aujourd’hui si contestée ?

Geneviève HAAG : Il me semble que mes deux premières réponses montrent bien que c’est en même temps que nous avons pu préciser des éléments du développement, y compris avec l’apport de cognitivistes et neurophysiologistes comme André Bullinger. C’est ce qui nous permettait l’ajustement de nos interprétations. Par exemple, le détournement du regard n’est pas d’abord une fuite de la relation ; l’autiste peut fuir un éblouissement, un vertige dans la rencontre œil à œil, ou le souvenir d’une expérience de non-retour. Nous savons, grâce au dialogue avec les neurophysiologistes, que cette expérience résulte de la vague de désynchronisation qui envahit le cerveau lors d’une trop grande excitation, par exemple surcharge émotionnelle. Concernant l’œil à œil, les enfants autistes en donnent l’image d’une pénétration dure, désorganisante. Nous pouvons faire l’hypothèse que nous gardons peut-être au fond de nous une mémoire du caractère prédateur de l’œil à œil dans la phylogénèse, qui ne se serait adouci, au cours de l’évolution, qu’à partir des chimpanzés. Chez l’homme, il semble bien que ce qui adoucit cet œil à œil prédateur soit la musicalisation de la voix, d’où le mamanais à l’adresse du bébé (travaux de M. C. Laznik) et une forte musicalisation pour les enfants autistes plus grands jusqu’à des interprétations chantées. Dès cette étape, on peut observer une associativité ramenant des expériences traumatiques : par exemple souvenir d’un trauma précoce du nourrissage élaboré à l’âge de 23 mois dans une séance de thérapie analytique (voir le chapitre IV de mon livre).

            L’intérêt de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme est contesté depuis très longtemps, toute une génération de psychanalystes ayant abordé l’autisme avec la certitude que tout venait de l’inconscient de la mère. Une ou deux générations de familles se sont ressenties très culpabilisées et n’ont pas pu élaborer la culpabilité que ressentent tous les parents devant les difficultés de développement précoce d’un enfant. C’est quelque chose qui n’est pas encore pardonné aux professionnels d’orientation psychanalytique.

            De plus, il n’y a pas assez de compréhension de ce moi corporel qui est en cause, et de la place du langage préverbal qui est une associativité, à des niveaux variés, mais tout à fait abordable dans l’esprit et la technique psychanalytique. En effet, les enfants autistes ont souvent une partie saine et un peu développée de la personnalité qui comprend, plus qu’on ne croit, le langage, en tout cas les paroles nommant ce que nous observons d’expression patente de leur part. J’ai souvent formulé que derrière une attitude de retrait, de silence ou de forme stéréotypée d’action, forme stéréotypée que je crois de plus en plus avoir une forme signifiante, ils sont des guetteurs jetant des coups d’yeux souvent en regard périphérique et si nous formulons des mots justes qui désignent leur agir répétitif, ils peuvent répondre très vite en confirmant notre proposition avec un peu de théâtralisation enrichissant ces expressions agies. Prenons l’exemple d’un enfant qui ne cesse d’aligner quelques objets au bord d’une table et fait passer sa main, mine de rien, comme une expression « indicielle » (D. Houzel), pour les faire tomber ; si l’on verbalise « ça tombe », il peut passer à une mise en scène utilisant des objets figuratifs, tels un petit wagon de train dans lequel est introduit un petit animal, lancer le wagon d’un bout de la table de sorte qu’il tombe en se renversant de l’autre côté, et le commentaire « oh là il tombe dans le précipice ! » intéresse un peu plus encore l’enfant qui va installer d’autres formes de chutes comme celle d’une charge accrochée à un bras de grue après avoir coupé le fil d’attache de la charge. J’ai donné dans mon livre l’une des observations, princeps pour moi, de l’enfant de 20 mois ayant à peine récupéré la possibilité de lancer le regard, dont le souci est de communiquer ce qu’il se représente du trajet du regard à travers la tête, glissant le long du dos et créant un espace derrière. Dans cet espace, on peut rassembler des objets qui ont des relations d’emboîtage, mais surgit une tempête émotionnelle qui collabe cet espace en faisant exploser ce rassemblement. Il se remet alors en bidimensionnalité avec chute des traits du visage, coulage de la salive et vidage de l’expression des yeux. Il aura ensuite une association sur un événement traumatique de son nourrissage qu’il pourra théâtraliser. Je soutiens donc qu’il y a un travail psychanalytique authentique qui utilise ce type d’associativité et d’investissement d’un thérapeute attentif pouvant soutenir toutes ces expressions préverbales signifiantes sans paroles de la part de l’enfant, mais pouvant recevoir des paroles bien précises de l’adulte. Bien sûr que de tels enchaînements apparaissent après des périodes plus ou moins longues de détournement des échanges par le regard et d’agirs stéréotypés plus fixés, mais quelque chose se passe d’installation progressive d’une confiance dans une présence régulière du thérapeute parfois installé par l’enfant lui-même dans l’espace derrière qu’il ne faut pas penser comme un refus de communication, mais comme la restauration en cours de ce que James Grotstein a appelé « Présence d’arrière-plan d’identification primaire » que nous avons eu du mal à concevoir et qui est encore en pleine investigation.

En ayant avancé de ce côté nous sommes plus efficaces, mais la place prise par le courant comportementaliste pour disqualifier les psychanalystes ressentis sans doute aussi par certains comme des rivaux, est encore très forte dans un clivage qui ne devrait pas exister entre les acteurs des efforts éducatifs, pédagogiques et psychopédagogiques, et les psychanalystes qui essaient d’instaurer ou restaurer, dans le transfert et le travail avec les parents, les ratés de la première communication qui semblent à l’origine des spirales anti-développementales depuis le prénatal, quelles que soient les composantes génétiques ou traumatiques de ce que nous appelons la prédisposition. La recherche que nous poursuivons dans le Réseau Recherche Inserm sur les Pratiques Psychothérapiques nous amène à confronter beaucoup d’observations très détaillées des processus engagés, confirmant les apports de la psychanalyse qui incluent la prise en compte des formations toute premières du moi, y compris donc celles du moi corporel et qui ne sont étrangères ni à la théorie des pulsions, ni à la théorie des relations d’objet. Nous sommes amenés, grâce à ces psychopathologies, à préciser certains mécanismes introjectifs précoces des capacités de contenance pulsionnelle et émotionnelle.


[1] Au sein de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, l’hôpital Henri Rousselle a été créé en 1927 dans la perspective d’assurer la prévention et le traitement des patients hors internement. La consultation de guidance infanto-juvénile crée et dirigée par Pierre Mâle en 1947 avec Alice Doumic a permis  de nombreux échanges entre psychanalystes. Pierre Bourdier, après avoir été l’assistant de Pierre Mâle, a été nommé à la Direction de la consultation, perpétuant des échanges scientifiques à partir de la clinique de l’enfant et de l’adolescent.