La Revue Française de Psychanalyse

XC-2 Résumés des articles

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THÈME : L’IRRATIONNEL

Dominique Bourdin – Quelle place faire à l’irrationnel ?

RÉSUMÉ – Partant de deux citations de Pascal et de Goya, avec leur polysémie et leurs ambiguïtés, l’article explore les oppositions entre raison et sentiments, raison et folie, raison et fantaisie. Il souligne la rationalité ouverte de Freud – qui permet de rendre compte des paradoxes de la vie affective qui auparavant semblaient seulement irrationnels. Il insiste sur la puissance de la raison, notamment dans la méthode scientifique, mais aussi sur ce qui la déborde, sur ce qui, sans la minimiser, manifeste ses limites (ignorées par les scientistes). À l’aide de l’évocation brève d’un exemple clinique, qui témoigne d’une pensée potentiellement délirante, mais qui maintient l’ancrage dans la réalité commune, il distingue un irrationnel qui attaque les méthodes et les résultats des sciences, aliénant et parfois destructeur, et un irrationnel non défensif, marqué par l’infantile et l’aspiration à l’illimité, qui est une ouverture à la créativité et donc à des élargissements et renouvellements de la rationalité elle-même.

MOTS-CLÉS – défense, irrationnel, méthode scientifique, poésie, raison, rationalité, sentiments, symbolisation, travail en double.

Gilberte Gensel – L’exigence de réalité

RÉSUMÉ – Les compétences que le moi développe à partir de la naissance sont dévolues au service du principe de réalité, poussées par l’instinct de la conservation de la vie, elles sont détournées par les intérêts de l’instinct sexuel, au service du plaisir et de la reproduction de l’espèce. L’environnement pourvoit aux besoins, et l’humanité vit aux dépens de la planète, puise à pleines mains dans ses richesses et en exploite sans restriction les ressources. « Modifier le monde extérieur à son avantage », dit Freud. Mais, dans l’urgence menaçante du dérèglement climatique, avec ses effets d’appauvrissement de la biodiversité et de raréfaction des éléments vitaux – l’air, l’eau, de quelles possibilités psychiques dispose l’espèce humaine pour prendre conscience de cette menace réelle inédite, alors que « le point faible de notre organisation psychique » est sa tendance à la soumission au principe de plaisir ?

MOTS-CLÉS – adaptation, clivage, environnement, exigence, haine, réalité.

Armelle Hours – Se laisser surprendre par le surgissement de l’irrationnel, viser la métaphore ?

RÉSUMÉ – La notion d’irrationnel n’est pas à proprement parler un concept psychanalytique. Sortir de la stricte opposition rationnel/irrationnel, pour plutôt essayer d’envisager les passages possibles entre ces deux notions, va permettre de ne pas considérer la raison comme seul guide, ni le mot comme seul langage. Une première situation tirée d’un film offrira une entrée en matière. Puis, nous poursuivrons le périple sur le terrain de la clinique, pour examiner la richesse qu’offre le surgissement de l’irrationnel dans le travail analytique. La situation d’une adolescente exilée sera d’abord envisagée. Ensuite, nous nous attacherons à mettre en évidence la mobilisation possible dans la cure suite à un acting de l’analyste. Le concept de glitch sera alors examiné dans une visée métaphorique. Écouter le surgissement de l’irrationnel, dans la cure, pouvoir entendre les irruptions du langage non verbal, qui se produisent parfois comme des dissonances, pourra permettre cette ouverture sur la créativité dans le champ du transfert.

MOTS-CLÉS – irrationnel, langage non verbal, acting, créativité, métaphore, exil.

Virginie Lefebvre – L’irrationnel ou quand la raison perd pied face aux forces pulsionnelles

RÉSUMÉ – L’irrationnel n’est plus aujourd’hui seulement du côté des manifestations symptomatiques du patient, il l’est aussi en séance du côté de l’analyste dans les manifestations de son contre-transfert, dont les marques les plus inhabituelles et étranges se trouvent dans la tendance hallucinatoire de la pulsion, soit dans le « travail de figuration » (Botella). Par ce qui pourrait être envisagé comme un effet de « domptage » (Freud) pulsionnel par le psychanalyste des traces non-représentées ou mal traduites projetées par le patient, le travail de figuration viendrait désamorcer le « travail du négatif » (Green) chez ce dernier, à l’intérieur d’un processus psychanalytique contemporain dit « transformationnel ». Les phénomènes irrationnels contre-transférentiels seraient comme une aide à saisir et à penser, au sens bionien du terme, l’irrationnel de la psyché du patient, favorisant ainsi un processus de transformation de l’irreprésentable.

MOTS-CLÉS – hallucinatoire, travail de figuration, travail du négatif, traces, transformationnel, contre-transfert.

Yoann Loisel – L’irrationnel organiserait-il l’efficacité de la psychothérapie ?

RÉSUMÉ – L’œuvre d’Alain Bashung illustre la créativité d’une qualité de relation détachée d’un objectif spécifique déterminé. Dans le débat sur l’efficience des psychothérapies, le facteur relationnel est volontiers accueilli comme une part non rationnelle du processus pensé, et espéré, selon une épistémologie médicale. Pourtant, la recherche contemporaine prouve l’importance dominante d’une relation échappant à cette objectivité désanimée d’inattendus ; la valeur heuristique du transfert et du transitionnel s’y confirme. Quelques exemples montrent combien ce qui se décale du cadre peut prendre une valeur mutative bénéfique au processus thérapeutique, à la condition que le cadre demeure bien posé, garant de ce qui active autant que de ce qui régule la surprise. Plus qu’au transitionnel, cette qualité de paradoxe est assimilée aux équivoques du courant tendre, considéré comme méta-modèle d’efficience des psychothérapies en sachant lier libido et auto-conservation.

MOTS-CLÉS – surprise, évaluation des psychothérapies, transitionnel, courant tendre, Bruce Wampold, Alain Bashung.

François Richard – Transmission de la complexité et complexité de la transmission

RÉSUMÉ – Cet article propose une réflexion sur la rationalité spécifique de la méthode freudienne, confrontée à l’irrationalisme du malaise dans la civilisation, et à certaines tendances anti-rationalistes au sein de la psychanalyse elle-même. Le paradigme analytique est institué en 1900 par la théorie d’une associativité des représentations et des affects, qui pose une limite à tout savoir. Deux conceptions de l’arborescence associative sont dégagées : l’une refuse l’illusion de la mise en récit et cherche plutôt les ressorts économiques et dynamiques, tandis que l’autre autorise une dérive sans fin de la signifiance. À la complexité psychique répond la nécessité de penser la complexité de la formation des psychanalystes, en particulier lors des supervisions : l’écho de la complexité du psychisme dans les pratiques plurielles de la transmission, abordé ici dans ce qui se passe concrètement en supervision, permet de proposer des hypothèses sur le contre-transfert, et d’ouvrir des chemins pour le futur de notre discipline.

MOTS-CLÉS – agir de parole, associativité, complexité, contre-transfert, irrationnel, supervision, transmission.

Johanna Velt – La revanche de l’irrationnel : une conversation entre psychanalyse et sciences exactes

RÉSUMÉ – L’auteure cherche à montrer que les concepts fondamentaux freudiens du fonctionnement de l’appareil psychique (l’inconscient et l’après-coup) ne sont pas infirmés par les sciences dites rationnelles, mais qu’ils sont même des précurseurs dans ces champs de recherche. Elle se penche sur l’épineux problème du rapport entre le corps et l’esprit, et plus particulièrement entre le cerveau et la pensée, un véritable défi pluridisciplinaire. Avec l’étude de l’hystérie, Freud semble avoir rejeté le « Projet… » et s’être désintéressé de la neurologie, lorsqu’il a constaté que les événements neuronaux n’étaient pas isomorphes aux événements psychologiques. Son intuition concernant la primauté des processus inconscients est aujourd’hui une hypothèse fondamentale des neurosciences et de la psychologie cognitive. Le paradoxe de l’après-coup, avec son effet rétroactif, est retrouvé en neurophysiologie (anti-datation de l’expérience sensorielle retardée) et en physique quantique (choix retardé).

MOTS-CLÉS – après-coup, conscience, corps, neurosciences, physique quantique.

Dossier : « Ce que la psychanalyse d’adulte doit à la psychanalyse d’enfant »

Coordination Bertrand Colin, Vassilis Kapsambelis

Gilbert Diatkine – Deux contributions de la psychanalyse des enfants à la clinique du premier entretien avec un adulte

RÉSUMÉ – Dans notre conception actuelle du premier entretien avec un adulte, la réponse du consultant a une première interprétation joue un rôle important dans la décision de l’analyste de lui proposer une analyse. On peut faire remonter à la polémique entre Melanie Klein et Anna Freud au sujet de la psychanalyse des enfants l’origine de cette possibilité pour l’analyste de donner une interprétation dès le premier entretien. Dans ce débat, Anna Freud pensait, contre Melanie Klein, qu’une période préparatoire d’introduction à la psychanalyse était nécessaire pour créer une alliance thérapeutique avec l’enfant. De telles périodes d’introduction sont en effet fréquentes, mais elles ont pour but de créer un espace de jeu, et non une alliance thérapeutique. C’est à un autre analyste d’enfants, Winnicott, que les analystes d’adultes doivent ce concept important.

MOTS-CLÉS – espace de jeu, réponse à l’interprétation, premier entretien.

Martine Pichon-Damesin – L’écoute du jeu : une voie royale

RÉSUMÉ – Longtemps considéré comme une technique réservée à la clinique de l’enfant, le jeu s’est progressivement affirmé comme un élément central de la méthode analytique, capable d’éclairer aussi bien la vie psychique de l’adulte que celle de l’enfant. En articulant références théoriques – de Freud à Winnicott, en passant par Melanie Klein – et scènes cliniques, l’auteure explore la fécondité du jeu comme voie royale d’accès à l’infantile, entendu dans sa dimension dynamique et transférentielle. Le jeu y apparaît à la fois comme modalité de figuration des mouvements inconscients les plus archaïques et comme espace transitionnel, où peuvent se rejouer, se transformer, voire se réparer des expériences de perte, de séparation, de destruction et de création. Qu’il se tisse dans les mots, les objets ou les scènes jouées, il engage un rapport spécifique au cadre et aux règles et une écoute analytique singulière, où analyste et analysant se rencontrent dans un espace de co-construction psychique.

MOTS-CLÉS – jeu, sexualité infantile, inconscient, bobine, cadre.

Denys Ribas – Humain engendré, ou autocréé ?

RÉSUMÉ – En postulant un fantasme originaire de la scène primitive et une identification primaire au père, Freud dote le psychisme de la différence des sexes et des générations qui assigne au sujet une identité et une place œdipienne claire. La psychanalyse française fait de sa défaillance un élément structural de la psychose. Pour Piera Aulagnier ou Paul-Claude Racamier, le fantasme d’autoengendrement est psychotique. Certains s’alarment ainsi des techniques médicales de procréation. Parallèlement, nous avons avec Winnicott compris que l’objet doit d’abord être créé pour pouvoir être trouvé dans un chemin vers la réalité. Mais il propose presque aussi un sujet subjectif, valorisant la créativité et la nécessité de préserver le « vrai self » de tout empiètement. Comment articuler ces deux positions contradictoires ? Il faut alors prendre en compte la temporalité de la naissance psychique, l’investissement par ses parents de l’enfant à naître et son effet intriquant pour ses pulsions.

MOTS-CLÉS – scène primitive, autoengendrement, intrication pulsionnelle, suicide, voyage dans le temps, origine.

Jacques Miedzyrzecki – La psychosomatique du nourrisson et les zones archaïques de l’adulte

RÉSUMÉ – L’abord psychosomatique de la clinique des nourrissons et des enfants initiés par des pédiatres, des psychanalystes d’enfants et des psychanalystes d’adultes, a été à l’origine d’un travail fécond qui a ouvert de nouvelles perspectives sur les origines de la psyché et leurs influences sur les pathologies de l’adulte. L’auteur s’appuie sur les notions nouvelles ou revisitées que sont le monisme et l’unité psychosomatique, la censure de l’amante, le narcissisme de base et enfin l’impératif de prématurité du moi pour montrer la richesse d’un tel apport sur la clinique de l’adulte.

MOTS-CLÉS – psychosomatique du nourrisson, censure de l’amante, unité psyché-soma, narcissisme de base, impératif de prématurité.

Isabelle Martin Kamieniak – L’hystérie, une référence incontournable

RÉSUMÉ – L’auteure revisite le fonctionnement psychique hystérique comme référence essentielle. À partir de la névrose hystérique, Freud a élaboré les outils conceptuels fondamentaux pour penser la psyché humaine. La psychanalyse contemporaine a considérablement enrichi la pensée psychanalytique en développant les apports concernant le pré-œdipien, le primaire et les liens précoces à l’objet. Ces évolutions fondamentales n’ont-elles pas parfois un peu trop refoulé le sexuel ? Le scandale ne reste-t-il pas le sexuel ? À partir d’un cas d’adolescente présentant une phobie scolaire, l’auteure montre la validité des concepts freudiens concernant le fonctionnement psychique hystérique. L’adolescence mobilise des fonctionnements défensifs qu’une écoute, prenant en compte les bouleversements nés de l’irruption de motions pulsionnelles, peut permettre une hystérisation du fonctionnement psychique, soit l’éventualité de (re)trouvailles avec la vitalité d’Éros.

MOTS-CLÉS – hystérie, fonctionnement psychique, traumatisme, adolescence, sexuel.

Rémy Puyuelo – Malfaçons narcissiques et espace-temps pluriels du soin de l’être chez l’enfant et l’adolescence

RÉSUMÉ – Les malfaçons narcissiques précoces, du fait de la précarité de leur identité narcissique, sont plus préoccupées de cohésion identitaire que de satisfaction pulsionnelle. Elles nécessitent de privilégier le soin de l’être, c’est-à-dire amener le sujet à reconnaître l’autre, sans que cela remette en question sa propre identité. Les postures soignantes coorganisent des dispositifs spatio-temporels. Les scénographies à l’œuvre qui s’y déroulent reconnaissent les malfaçons et viennent renforcer le moi. Métaphoriquement, elles sont des structures encadrantes externes, aire de passage entre le monde extérieur et le monde intérieur, entre figuration, représenter et représentations de choses et de mots. Le projet est, à partir d’une dynamique spatiale, d’amener le sujet à une temporalité vécue et un langage adressé préalables à toute visée thérapeutique. Une situation clinique vient éclairer l’approche théorique.

MOTS-CLÉS – abusés narcissiques, empêchés de latence, spatialité, scénographies à visées thérapeutiques.

Florence Guignard – L’identité de l’analyste mise à l’épreuve par la réalité des adolescents d’aujourd’hui

RÉSUMÉ – L’auteure rappelle la configuration unique et précieuse de la période de l’adolescence, en ce qui concerne l’organisation mature du psychisme. Elle examine l’incidence, sur l’adolescent, de son expérience de la réalité extérieure dans notre monde occidental d’aujourd’hui, dominé par la culture du profit matériel, la disparition de l’État de droit, et l’attaque délibérée des populations civiles dans les conflits armés qui nous entourent. Elle souligne le contraste entre le développement de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux d’une part, et la disparition de l’investissement de la vie intérieure et de l’intimité d’autre part. Elle réfléchit à l’impact de la déstructuration familiale et sociétale sur l’organisation identitaire et sur les problématiques de sexe et de genre à l’adolescence. En miroir de cette situation, elle insiste sur l’urgence, pour les psychanalystes, de prendre soin des adolescents d’aujourd’hui, même si le cadre traditionnel de la cure ne peut être respecté.

MOTS-CLÉS – identité à l’adolescence, réalité sociale actuelle et identifications sexuées, intimité/extimité, urgence psychanalytique pour les adolescents d’aujourd’hui.

RUBRIQUES

Histoire de la psychanalyse

Florent Serina – Sur les traces de Rosa Walk, exilée sans retour

RÉSUMÉ – Entre 1933 et 1938, à l’instar de ses homologues britannique et américaine, la Société psychanalytique de Paris a accueilli ou intégré dans ses rangs plusieurs membres des sociétés allemande et autrichienne bannis par le IIIe Reich. Parmi eux, Rosa Walk (1893-1942), membre de la Société psychanalytique de Vienne. Arrêtée par la gendarmerie française dans la Drôme lors des grandes rafles de l’été 1942, Rosa Walk est la seule membre active de l’Association psychanalytique internationale à avoir trouvé la mort dans un camp d’extermination nazi. Après avoir rendu compte des moments clés de la politique des membres de la SPP à l’égard de leurs homologues persécutés par le régime d’Hitler, puis des grandes lignes du parcours de Rosa Walk jusqu’à sa déportation et son assassinat à Auschwitz-Birkenau, cet article s’attache à saisir les raisons susceptibles d’expliquer une aussi longue invisibilité historiographique et mémorielle.

MOTS-CLÉS – archives, exil, histoire de la SPP, historiographie, Occupation, Shoah.

Approche des psychoses

Christine Pélissier – Psychothérapie psychanalytique corporelle et travail de liaison avec les patients psychotiques

RÉSUMÉ – L’abord clinique des patients psychotiques, chez lesquels le langage est démétaphorisé et les modes de défense ne relèvent pas du refoulement, nécessite un autre cadre que celui des patients névrosés. La PPC propose un dispositif qui atténue l’impact « brut » de la rencontre chez les deux protagonistes offrant au patient une « ligne de fuite » à son regard par rapport à celui de l’analyste qui peut être vécu comme pénétrant et envahissant, et permettant à l’analyste de préserver sa capacité de rêverie. Le regard, rendu ainsi tolérable, peut alors remplir son rôle de « miroir unifiant ». Le divan, quant à lui, parce qu’il est un objet inanimé du cadre, assure une fonction d’étayage. Avec ces patients, le travail de liaison, qui revient d’abord à l’analyste, s’élabore à partir des ressentis et manifestations sensori-motrices du patient et s’appuie sur le contre-transfert corporel de l’analyste ; ce faisant il favorise le processus de symbolisation primaire.

MOTS-CLÉS – Psychothérapie Psychanalytique Corporelle, psychose, sensorialité, liaison, symbolisation primaire.

Théorie psychanalytique

Daniel Sibony – Trois impairs freudiens

RÉSUMÉ – Dans cet article, l’auteur s’appuie sur trois textes de Sigmund Freud : l’un sur le Moïse de Michel-Ange, l’autre concernant un trouble de mémoire sur l’Acropole et le troisième consacré au cas Dora. Dans les trois, il analyse respectivement : une erreur, un déni, un ratage ; et il rassemble ces trois impairs sous le signe d’une question sur la transmission : pourquoi Freud n’a-t-il pas thématisé comme telle la transmission, alors même que la psychanalyse repose sur la transmission des traces mnésiques du passé ? Il avance l’hypothèse que ce serait peut-être dû aux démêlés de Freud avec la transmission de la part juive de son identité, une part qu’il voulait recouvrir, voire refouler par un discours purement universel ; ce qui, là encore, est d’autant plus curieux que la psychanalyse ne met en lumière l’universel qu’à travers des cas singuliers.

MOTS-CLÉS – Sigmund Freud, impair, Michel-Ange, identité, Dora, transmission du féminin.